2009 Présentation MOPP
La Mission ouvrière Saints Pierre-et-Paul
Une présentation
Une société de vie apostolique
La Mission ouvrière Saints-Pierre-et-Paul (MOPP) – dans la suite du texte « La Mission» – a été fondée pour annoncer la personne et la Bonne Nouvelle de Jésus Christ aux gens qui ne Le connaissent pas et qui, peut-être, l’attendent.
Il s’agit de rendre vivant le mystère de l’amour de Dieu pour les hommes, et de donner le témoignage de Sa miséricorde. Dire avec force et sans cesse que Dieu existe, qu’il nous aime et que cela n’est pas banal.
Cette annonce gratuite est portée par des disciples qui consacrent leur vie dans le monde, vivent en fraternités et habitent dans des logements modestes, assurant leur subsistance par leur travail et par la mise en commun de leurs biens.
Leur Mission est basée, non pas sur leurs propres forces car ils sont vulnérables, mais sur la Parole de Jésus « vous recevrez de Dieu une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous » (Ac. 1,8). C’est alors qu’émerveillés, ils pourront dire avec saint Paul: « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile » (1 Cor 9,16-17).
Les certitudes de la foi et le témoignage
La Mission tire ses certitudes et son unité de la foi de l’apôtre Pierre et du témoignage de l’apôtre Paul. Paul dit, en parlant de Moïse lors de la sortie d’Egypte« comme s’il voyait l’invisible il tint ferme » (Héb. 11,27). Il en est de même de l’apôtre qui, à sa suite, s’engage à guider les hommes vers l’Invisible. Il ne voit pas, il ne sait pas, il croit.
La certitude la plus fondamentale de l’apôtre naît des ces paroles de Jésus: « Sans moi vous ne pouvez rien faire» (Jn 15,5), et de la réponse de Paul: « Je puis tout en Celui qui me fortifie » (Phil 4,13). L’envoyé de Dieu fait l’expérience de ce rien et de ce tout.
Il est sous la protection de la Mère de Dieu, celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui avait été dit de la part du Seigneur; il l’invoque sous le nom de Notre Dame des petits et des pauvres.
Le fondateur
Jacques Loew (né le 31 août 1908 à Clermont-Ferrand en France) a été le fondateur de la Mission en 1955. A partir de l’expérience de sa conversion en 1932 et pour partager plus largement les dons qu’il avait reçus, il a ensuite fondé l’École de la Foi à Fribourg en Suisse en 1969. En 1982 il s’est retiré dans une vie plus contemplative au monastère, il est retourné vers le Père à Échourgnac le 14 février 1999.
Personnalité remarquée de son époque, écrivain fécond dont les œuvres ont été publiées en plusieurs langues, il est à l’origine d’une nombreuse descendance spirituelle. En dialoguant avec Dominique Xardel, il a partagé les découvertes de sa vie et le cheminement de sa foi dans le livre « Le bonheur d’être homme ». Pour comprendre le contexte historique de ses fondations, il faut lire l’exhortation apostolique « L’annonce de l’Évangile » de Paul VI (1975).
Chronique du commencement
La Mission a fait ses premiers pas avec Jacques Loew, frère dominicain et prêtre. En 1941 Jacques fut envoyé à Marseille par « Économie et Humanisme », fondation du Père Lebret où il travaillait sur une étude concernant les « corps gras ». En 1942, il fut amené à élargir sa recherche aux conditions de travail dans le port et la vie des dockers. Il choisit alors de travailler comme docker sur les quais et de vivre dans le quartier du port afin d’étudier cette réalité de l’intérieur. Très vite il découvrit les causes de leur pauvreté et les remèdes nécessaires pour une vie sociale et économique plus humaine. Il publia l’année suivante son étude sur les dockers. Il avait remarqué également que la plus grande pauvreté des dockers était la méconnaissance de Dieu. Cette incroyance fut ressentie par lui comme une blessure.
Il choisit alors de continuer à travailler sur les quais; une expérience qui a été relatée dans le livre « En mission prolétarienne ». Puis avec d’autres prêtres, il donna naissance à une paroisse missionnaire, sous le nom de Mission de Marseille, qui continua ses activités avec succès dans le quartier de La Cabucelle de 1945 à 1954.
Fort de cette expérience, il fonda à Port-de-Bouc la Mission ouvrière Saints-Pierre-et-Paul, le 15 septembre 1955. Celle-ci fut reconnue le 15 septembre 1956 par l’Eglise locale d’Aix-en-Provence. Elle reçut l’approbation de la Congrégation des religieux pendant le Concile Vatican II à Rome, le 28 mai 1965, sous l’appellation de «Institut apostolique» et fut érigée le 29 juin 1965 en Institut de droit diocésain par Mgr. De Provenchères, archevêque d’Aix-en-Provence.
A partir de la France la Mission s’implanta au Brésil, en Suisse, au Japon, au Canada, en Italie, en Allemagne… Parmi les fondateurs Paul Xardel, mort au Brésil en 1964, est le premier modèle actuellement vivant auprès du Seigneur. Ses cahiers « La flamme qui dévore le berger », édités en 1969, en témoignent.
Le 15 novembre.1996, après 30 ans d’expérience, la Mission a été transférée sous la protection de l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Grab, qui a confirmé son statut de société de vie apostolique selon le droit canonique, ainsi que le ministère propre d’«évangélisateur» de ses membres et le droit de la société d’incardiner ses ministres ordonnés.
Le visage actuel de la Mission
6 lieux d’insertion dans le monde:
en France à Toulouse depuis 1957, en région parisienne depuis 1969 et à S. Sulpice de Favières depuis 2001;
au Brésil depuis 1963 et à Curitiba depuis 1995;
en Suisse à Fribourg depuis 1967 ;
au Japon depuis 1970 et à Tokorozawa (Tokyo) depuis 2006,
en Russie depuis 1972, et à Moscou depuis 1991.
22 membres, de 7 nationalités.
La procure à proximité de l’évêque protecteur
Philippe Hennebicque MOPP,
Route de l’Eglise 2, CH 1752 Villars-sur-Glâne
Tél.: +4126 40270 34 : +4126 40270 36
e-mail: moppvillars@bluewin.ch
Le responsable d’ensemble depuis 2007 est le représentant en Russie,
Antonio Santi MOPP,
Uliza Perovskaya 36 k. 3 apt 4 – 111141 Moscou, Russie
e-mail antonisanti@hotmail.com
Tel. + 7 499 748 7812 portable. +7 910 470 0298
Le style de vie
Le style de vie consiste à vivre selon l’Évangile de Jésus, et toute la Bible qui le prépare ainsi que l’histoire qui le suit, en s’immergeant dans les tensions de l’existence quotidienne et dans le tourbillon de son mouvement. Il se révèlera alors source de salut, deviendra lumière sur nos pas et donnera sens à nos vies.
Cette vie selon l’Esprit demande un état de veille et de force ; elle peut se réaliser seulement si l’on se donne les moyens par l’adoration et la prière. Il y a en elle des questions qui demandent une étude en profondeur et des réponses adéquates ; les événements quotidiens sont partagés au cours d’une révision de vie faite ensemble pour trouver le bon chemin et suivre la volonté de Dieu. Le soutien des frères accompagne chacun, l’aidant à trouver dans l’humilité les attitudes justes, propres à corriger sa vie et à se réjouir de sa beauté.
Le ministère
Le premier service de l’évangélisateur est de vivre « au nom du Christ», c’est à dire en union avec la personne « du Seigneur Jésus, rendant par lui grâce à Dieu le Père » (Col 3,17). Ce style d’annonce dépasse la simple proclamation de la Parole ; cela comprend tout le Credo, tantôt la première annonce (kerigma), tantôt l’enseignement dispensé à ceux qui sont déjà convertis (catéchèse). Cela suppose également la communion fraternelle (koinonia) et le service des frères (diakonia).
Il s’agit d’une vie apostolique qui demande à ses membres de veiller, toujours prêts à tout laisser pour suivre le Christ, quand Il le demande, à l’imitation des apôtres. Comme saint Paul le rappelle : « Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même du Christ » (1 Cor. 11,1).
Les priorités
La vie fraternelle est vécue en équipe et en communauté, on y partage les soucis et les tâches quotidiennes. On apprend la charité dans la vie commune en cherchant la bonne entente qui est le signe éloquent de l’amour, surtout au milieu des tensions. La charité vécue ensemble sera leur façon de témoigner de l’Évangile. Dans cette vie fraternelle se manifestent les charismes propres que chacun met au service de l’Église selon le ministère qu’il a reçu.
La vie ecclésiale relie les nouveaux croyants en communauté et les fait entrer progressivement dans le sein maternel de l’Eglise qui vit là où la Mission est envoyée, en union avec saint Pierre et ses successeurs. Ils sont invités à vivre dans l’action de grâce et dans la sobre allégresse de l’Esprit. Puissent-ils, eux aussi témoigner « Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux nous vous l’annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous. Quant à notre communion elle est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ » (1Jean 1,3).
Le champ d’activité
«Dans un monde ébloui de lui-même, nous sommes les témoins d’un autre monde» disait Jacques Loew. La Mission tente de vivre sa tâche apostolique en plein vent, au milieu des travailleurs, sans clôture sociologique ni barrières supplémentaires. La tâche de la Mission tient en deux mots : partager et relier. Partager la vie de Dieu et celle des hommes…, l’une et l’autre aussi totalement que possible. Relier les hommes entre eux et les relier à Dieu, en Jésus Christ, Lui le Dieu-avec-nous, né et mort expressément « pour rassembler dans l’unité les fils de Dieu dispersés » (Jn 11,52).
La Mission vit et travaille dans les milieux qui sont nés hors du christianisme ou qui sont déchristianisés. Son souci, même dans la pastorale la plus traditionnelle, est double : sauvegarder le but qui est l’évangélisation et faire de l’Église la maison familiale de tous ceux qui ont été touchés par le Seigneur.
La formation des nouveaux membres
Les nouveaux membres sont formés à la vie apostolique et au ministère d’évangélisateur par une préparation adaptée et progressive. A chacun il est proposé de recevoir une double formation, l’une ecclésiale et l’autre professionnelle.
L’admission exige une maturité physique et psychologique qui rende le sujet apte à l’activité propre de la Mission. On tient compte, en particulier, des qualités suivantes: l’équilibre et la fermeté du jugement; les aptitudes à la vie fraternelle par l’égalité d’humeur et la serviabilité; le désir sincère de recevoir l’enseignement de l’Église ainsi que l’absence de critique permanente; les aptitudes à l’évangélisation dans l’amour des petits et des pauvres; le désir de progresser dans la prière et les vertus évangéliques.
La formation est donnée par la mise en œuvre et la convergence des points suivants: la recherche de la présence de Dieu, l’organisation du temps entre les moments de prière et de travail; la vie de travail et la découverte du rôle propre de l’évangélisateur; la vie fraternelle en équipe; l’apprentissage de la vie consacrée dans la réalisation quotidienne des trois conseils évangéliques.
Tous les membres suivent le cycle d’études, philosophiques et théologiques, prévu pour les ministères ordonnés, tout en n’étant pas appelés immédiatement aux Ordres.
La formation est assurée dans l’esprit de la parabole du trésor d’où l’on tire les vérités nouvelles et anciennes (Mt 13,52) elle tient fermement à l’enseignement de l’Église en revenant à ses sources, elle y cherche tout ce qu’il y a de vital car elle veut prolonger cette tradition jusqu’aux questions de notre temps. Cette formation fait regarder résolument en face le monde et son avenir, les défis et les opinions courantes.
La formation à la vie spirituelle et à la prière demande du temps et un souci particulier. Son but est de faire adhérer chacun aux vérités de la foi et de transformer en style de vie les principes de vie spirituelle. Elle comprend l’étude du témoignage et des lettres de saint Paul, qui donnent à la Mission son fondement l’ouvrant aux joies et aux espérances, aux tristesses et aux angoisses de la vie apostolique.
Le Pape Jean Paul II a reçu les membres de la Mission,
dans sa résidence d’été en 1989.
Les textes de base
« Comme s’il voyait l’invisible » -Un portrait de l’apôtre d’aujourd’hui, J. Loew, Paris, Cerf 1964, 20083
« Statuts de la Mission ouvrière Saints-Pierre-et-Paul», Aix-en-Provence 1965, Fribourg 20043
« La flamme qui dévore le berger » Paul Xardel, Cahiers 1957-1964 édités par J. Loew, Paris, Cerf 1969, 19932
« Les cieux ouverts » chronique de la mopp 1955-1970 par J. Loew, Paris, Cerf 1971
« L’annonce de l’Évangile » Exhortation apostolique de Paul VI, Rome 1975
« Itinéraire apostolique des membres de la MOPP», Assemblée MOPP, Cîteaux 1982, Montréal 1982
« Le bonheur d’être homme » – Entretiens avec Dominique Xardel, Paris, Centurion 1988
« Le ministère d’évangélisateur », Confirmation de Mgr A. Grab, Fribourg 1996
« Le Conseil de la MOPP à son fondateur » Tokyo, lettre du 15 février 1999
Une présentation de la MOPP, texte de synthèse et document de base, révision arrêtée au 11 février 2008, modifiée le 10.01.2011